AV1 : roi du streaming, absent ailleurs
En 2026, l'AV1 s'est imposé comme le codec de référence pour les grandes plateformes de streaming. YouTube, Netflix et Meta concentrent l'essentiel des déploiements. Environ 13 % des éditeurs de streaming supportent l'AV1 (contre 8 % en 2023), et plus de 50 % des smart TVs embarquent désormais un décodeur matériel. Mais en dehors de ces géants, l'adoption reste marginale : les éditeurs indépendants de contenu premium ignorent encore largement le format.
VVC : des promesses, peu de réalité
Finalisé mi-2020, le VVC (Versatile Video Coding / H.266) promettait 50 % d'économie de bande passante par rapport au HEVC. Six ans plus tard, le bilan est sévère. Alex Davies, analyste chez Rethink Research, résume : « Il n'y a pas de demande commerciale pour le VVC, en raison de l'explosion de la bande passante mobile et fixe et de la montée en puissance du décodage logiciel. » Aucun déploiement majeur par un éditeur de streaming n'a été enregistré. Le premier cas d'usage significatif reste la démonstration de Globo lors des JO de Paris 2024 en UHD à 10 Mbps.
Broadcast : VVC et LCEVC trouvent leur niche
Le broadcast terrestre offre un terrain plus favorable. Le Forum SBTVD brésilien a adopté le VVC dans son système TV 3.0 lancé en août 2025, combiné au LCEVC comme encodeur de couche de base. Le DVB Project européen a également intégré le VVC dans sa boîte à outils broadcast. Le LCEVC (Low Complexity Enhancement Video Coding), codec d'amélioration qui booste les performances d'un codec existant d'environ 30 %, trouve sa place dans les architectures hybrides broadcast/broadband.
Le mur des royalties
L'un des freins majeurs reste le coût. Contrairement à l'AV1 (royalty-free via l'AOMedia), le VVC est soumis à des pools de brevets multiples : MPEG LA, Access Advance et VVC Advance. En mars 2025, Access Advance a lancé son VDP Pool couvrant HEVC, VVC, AV1 et VP9 avec une tarification à six niveaux. Cette complexité contractuelle dissuade les éditeurs de taille moyenne.
Et demain ?
Le H.267 est attendu pour juillet-octobre 2028 avec un objectif de -40 % de débit par rapport au VVC en 4K. Mais la menace la plus disruptive vient des codecs à base d'intelligence artificielle, exploitant les NPU (Neural Processing Units) embarqués dans les appareils récents. Deep Render développe des approches entièrement neuronales, bien qu'aucun déploiement complet n'ait encore été annoncé. Le paysage codec de 2026 reste fragmenté, en attente d'un killer app comparable à ce que la 4K/HDR avait représenté pour le HEVC.